
de Emilien Gobard
Performance d'un mime d'après Montaigne
| Ruedutheatre | 07 décembre 2009 | Cécile Strouk | ... lire le détail... |
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| Normale sup' info (n°114) | 09 août 2009 | Alice Vintenon | ... lire le détail... |
Ruedutheatre, le 07 décembre 2009
Par Cécile Strouk
A l’instar des « Essais » de Michel de Montaigne, Emilien Gobard se propose de livrer « un spectacle de bonne foi où l’on m’y voit en ma façon simple, naturelle et ordinaire. » Un pari audacieux porté par une énergie libératrice.
Cinq siècles plus tard, les écrits de Montaigne résonnent encore dans l’esprit des générations actuelles. Emilien Gobard, 28 ans, explique qu’à la lumière des « Essais », "mon projet d’acteur a pris tout son sens : me montrer tel que je suis, sans artifice, pour atteindre l’essence-même du théâtre." Ce parti pris de l’honnêteté guide tout son spectacle, construit autour de lectures, de mimes, d’improvisations et de digressions. Autant d’éléments qui se répondent du tac au tac, dans un micmac mené tambour battant.
Mais si Montaigne sert de point de départ à la pièce, il devient très vite un outil pour mettre en exergue les talents de mime du comédien. L’intérêt des citations de l’auteur se trouve moins dans leur sens que dans leur manière d’être interprétées. C’est avant tout le travail sur le corps que fait Emilien Gobard qui importe. Outre la permanence de son mouvement, qui le conduit à sauter, courir, s’allonger, s’accroupir ou encore danser, il insiste sans ambages sur l’usage du mime. Il le reconnaît lui-même : "C’est un monologue littéraire et c’est le spectacle d’un mime".
Mué par le sens du rythme et par une verve comique, il dévoile par là son interprétation du monde, une interprétation silencieuse mais d’une force contagieuse. Pour ce diplômé de l’école d’Ella Jaroszewicz, le travail sur la gestuelle était nécessaire. D’autant plus que le geste apparaît comme un imparable accès vers l’être en plus d’être le catalyseur d’un enthousiasme général. Le public est volontiers prêt à rejoindre la scène pour participer à la mise en place d’un spectacle élaboré au fil de l’inspiration. Seul écueil à ce choix de mise en scène : l’inspiration n’a pas de limites. Parfois trop débordante, elle tend à écorcher le dynamisme d’un spectacle qui, à n’en plus finir, s’essouffle.
Montaigne comme révélateur
Ces longueurs s’expliquent paradoxalement par cette redoutable aisance témoignée sur scène. Le plaisir éprouvé à habiter cet espace d’expression atteint un tel degrés que le comédien peine à y mettre un terme. La fluidité de son jeu est en effet confondante : il est souvent ardu de déceler ses propos de ceux de son ancêtre littéraire, si ce n’est dans les quelques différences langagières. Ce rapprochement identitaire, qui passe par l’appropriation du texte, est renforcé par les anecdotes en tout genre auxquelles il a recours. Mais aussi par ce « je », usité à souhait pour que, derrière la citation, soient révélés des fragments de son propre moi.
Revisiter le monument littéraire qu’est l’ouvrage autobiographique de Montaigne relevait du défi. Mais l’interprétation tout feu tout flamme du comédien montre que rien n’est impossible dès que la passion entre en scène.
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Par
Emilien Gobard, avec son corps élastique et ses mimiques clownesques, a transporté le public dans son univers magique.
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Normale sup' info (n°114), le 09 août 2009
Par Alice Vintenon
Une interprétation dynamique et inventive de l’oeuvre de Montaigne.
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